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    3 - L'UNIQUE DRAPEAU DES CHASSEURS




    Le 30 décembre 1840, les bataillons reçurent l’ordre de quitter les baraques du camp d’Helfaut (59) pour s’installer dans les quartiers de la ville. L’instruction continua jusqu’au 14 avril 1841. Les dix bataillons partirent pour Paris (75) pour y recevoir leur drapeau unique des mains du Roi : Chaque régiment d’infanterie composé de plusieurs bataillon, avait alors son drapeau ; Il n’existait de « régiment de chasseurs » mais uniquement dix bataillons. Il n’y aurait donc qu’un seul drapeau symbole de l’unité de tous les chasseurs.

    Ce premier drapeau fut remis par le Roi lors d’une cérémonie qui eut lieu le 4 mai 1841. Remise du premier Drapeau au 2ème bataillon de chasseurs à pied pour tous les bataillons de chasseurs. Le Duc d’Orléans en parle en ces termes :
    Par une belle matinée de printemps (mai 1841), une colonne profonde entrait dans Paris avec une célérité inconnue. Pas de faux éclat, pas de clinquant, tout était leste et martial. Des clairons pour toute musique, un costume sombre mais dont la simplicité harmonieuse ne manquait pas d’élégance. Les bataillons de chasseurs traversaient les rues pas de gymnastique et venaient recevoir un drapeau des mains du Roi (Zouaves et chasseurs à pied).

    Voici comment le journal officiel du 6 mai 1841 rend compte de la cérémonie de remise de drapeau aux dix bataillons de chasseurs à pied : 
    Aujourd’hui à 11 heures 30, les chasseurs étaient réunis dans la cour et sur la place du Carrousel devant le château des Tuileries à Paris, rangés sur dix lignes, clairons en tête, le front au château sous le commandement supérieur de monsieur le Duc d’Orléans. S.A.R. avait sous ses ordres le général ROSTOLAN, le général MARBOT, monsieur le Comte de MONTGUYON et monsieur le Duc d’ELCHINGEN. On remarquait que le Prince montait un très beau cheval arabe, le même qui fut pris il y a un an, après la mort d’un chef ennemi au combat de l’Ouest-Ser. 
    A 12 heures, le Roi est monté à cheval. Le Roi des Belges, le Prince de JOINVILLE, le maréchal SOULT, le maréchal GERARD, les lieutenants généraux PAJOL, DELORE, DARRIULE, JACQUEMINOT, SCHNEIDER, le général d’HOUDETOT, un des créateurs de l’arme et avec eux un nombreux État-major accompagnèrent S.M. La Reine, la reine des Belges, madame la Duchesse d’Orléans, madame la Princesse d’ADELAÏDE, madame la Duchesse de NEMOURS et madame la Princesse CLEMENTINE étaient assises sur la terrasse du pavillon de l’Horloge. Un nombre considérable de dames se pressait au fenêtres des grands appartements. Le Roi a passé dans tous les rangs et a parcouru successivement dans toute leur longueur et avec une satisfaction visible, les belles lignes qui s’étendaient dans la cour et sur la place. S.M. a été accueillie partout par les plus vives acclamations. Cependant les bataillons rangés dans la cour s’étaient après le passage du Roi et par une évolution au pas de gymnastique, aussi rapide que pittoresque, massés à droite et à gauche laissant au milieu un espace vide dans toute la longueur du pavillon central. Les bataillons de la place les avaient successivement rejoint par un mouvement non moins accéléré puis au moment ou S.M. est venu se placer pour le défilé sous le pavillon de l’Horloge, ces deux détachements serrés en masse sur dix lignes de profondeur, faisaient par la gravité de leur uniforme, par l’éclat de leurs armes et par l’allure résolue des officiers et des soldats, un spectacle tout à fait martial et imposant. Les clairons adossés à la grille de l’Arc de Triomphe ayant ouvert le ban, l’officier porte drapeau s’est avancé à vingt pas du Roi, escorté de dix hommes ; Alors monsieur le maréchal SOULT s’étend fait apporter par monsieur le colonel FOY, le drapeau destiné au corps de chasseurs à pied avant de le remettre à S.M. à prononcé d’une voix forte et retentissante, la formule militaire du serment ainsi conçue : 
    « Officiers, sous-officiers et soldats ! Vous jurez fidélité et obéissance  au Roi des Français, à la Charte  Constitutionnelle et aux Lois du royaume ? - Nous le jurons. » Le maréchal a ajouté : « Vous jurez de défendre ce drapeau que le Roi va confier à votre vaillance ? Vous jurez de périr jusqu’au dernier plutôt que de l’abandonner à jamais ?  - Nous le jurons ».
    Alors le Roi pris le drapeau des mains de monsieur le maréchal de SOULT  et monsieur le Duc d’Orléans ayant fait sonner un second ban, S.M. a adressé à la troupe une allocution chaleureuse à laquelle on répondu des cris unanimes de : « Vive le Roi ! » Puis S.M. a remis le drapeau à l’officier chargé de sa garde et qui a fait le salut militaire au Roi et au Prince. Le défilé des dix bataillons a eu lieu ensuite monsieur le Duc d’Orléans en tête, avec un ordre et une précisions remarquables aux cris mille fois répétés de : « Vive le Roi »

    Après le défilé, les officiers ont été reçus par S.M. dans la salle de maréchaux. Le soir, tous les chefs de bataillons ont dîné avec LL. MM. Le lendemain afin de bien marquer le but sérieux de l’entreprise, son caractère tout militaire, quatre de ces bataillons partaient pour l’Afrique.

    UN SEUL DRAPEAU, UNE SEULE ÂME



    " Au drapeau "
    Serment au drapeau
    La sentinelle veille
    L'alerte
    Le drapeau en danger
    Fusillade
    La charge
    La mort du clairon et du porte drapeau
    Dans une étude sur les zouaves et les chasseurs à pied, le Duc d’AUMALE, second fils du Roi Louis-Philippe, écrit ces lignes :
    « Par une belle matinée de printemps, une colonne profonde entrait dans Paris avec une célébrité inconnue. Pas de faux éclat, pas de clinquant, tout était leste et martial, des clairons pour toute musique, une tenue sombre mais dont la simplicité harmonieuse ne manquait pas d’élégance… Les bataillons de chasseurs à pied traversaient les rues au pas gymnastique. Ils venaient recevoir un drapeau des mains du Roi… »
    Les chasseurs à pied reçurent donc leur premier emblème, le 4 mai 1841, dans la cour du Carrousel à Paris, des mains du Roi des Français, Louis-Philippe. A son avers, il portait en lettre d’or : « Le Roi des Français aux bataillons des chasseurs à pied ».
    Ce fut le 2ème bataillon en garnison à Vincennes, qui en reçut la garde. Les dix bataillons de chasseurs existant étaient présents sous le commandement de leur créateur et inspecteur, le Duc d’Orléans fils aîné du Roi... et c’est ainsi que fut créée la Tradition. Le 19 juillet 1842, les chasseurs à pied prennent le nom de : "Chasseurs d'Orléans".


    Depuis leur création au travers des incessants changements qu’ils ont connu dans le nombre et l’organisation de leurs unités, les chasseurs à pied n’eurent jamais qu’un seul drapeau, témoignage de leur unité et de leur cohésion.

    De 1855 à 1870, l’Empereur Napoléon III créa dans sa Garde, un bataillon de chasseurs à pied dont la tradition a été depuis conservée par le 24ème B.C.P. puis B.C.A. et encore après G.C. Il remit un drapeau particulier à ce Corps qui se distingua dans les campagnes de Crimée et d’Italie où il reçut la Légion d’Honneur pour avoir enlevé un drapeau autrichien, en 1859, à la bataille de Solferino.
    Cet emblème fut renouvelé deux fois en 1861 et 1867. Les deux premiers sont au musée de l’Armée. Le dernier fut détruit au moment de la capitulation de Metz en 1870. L’attribution d’un drapeau particulier, autre que le drapeau commun des chasseurs fut supprimée à la chute du IIème empire.


    Le Drapeau et sa garde

    Ainsi contrairement aux autres régiments français, les bataillons et groupes de chasseurs à pied ne disposent pas de leur propre drapeau. Ils en possèdent donc un unique, lequel passe d'un bataillon à l'autre durant la campagne 1914-1918. Ce drapeau des chasseurs déjà décoré de la Légion d’honneur, reçoit la médaille Militaire dont il est le seul à porter de l’armée française. Ceci fait suite à la prise au combat à Saint-Blaise-la-Roche (67), du drapeau au 132ème régiment Prussien le 14 août 1914 par le 1er bataillon de chasseurs à pied.

    Remise de la médaille Militaire au Drapeau des chasseurs

    Le 20 octobre 1914 à 14 heures 30 eu lieu à Gouy-en-Gohelle (62), la remise de cette médaille au Drapeau des chasseurs à pied par le général De MAUD’HUY, commandant la 10ème armée, en présence des généraux, commandant le 21ème corps et la 43ème division puis le colonel, commandant la 86ème brigade et des détachements représentant les 1er-3ème-10ème-20ème-21ème et 31ème bataillons de chasseurs à pied.

    Le Drapeau déployé arrive sur le terrain encadré par un peloton du 1er bataillon. Les généraux l'attendent, le cadre choisi pour la cérémonie accroît par sa note poétique, le caractère simple mais grandiose de la réserve. A ce moment, une salve de 21 coups de canon commence. On ne peut mieux faire qu'en confiant l'exécution à la batterie de 220 qui envoie ses projectiles sur les tranchées ennemies. Le Drapeau placé au centre du rectangle formé par les troupes en ligne déployée, le colonel OLLERIS fait rendre les honneurs puis le général De MAUD’HUY prend à son commandement la "brigade de chasseurs", fait ouvrir le ban et s'avance, sabre à la main vers le Drapeau. Il prononce la formule d'usage : «Au nom du Président de la République; en vertu des pouvoirs qui me sont conférées, Drapeau des Chasseurs à Pied, je te décore de la médaille militaire». 

    Puis il s'avance jusqu'au Drapeau incliné et épingle avec émotion à la cravate du Drapeau, la médaille glorieuse. Il embrasse à deux reprises la soie tricolore et donne l'accolade au porte-drapeau. Après avoir fait fermer le ban, le général De MAUD’HUY se tourne vers la troupe et lui adresse les quelques mots suivants : «Chasseurs ! C'est aujourd'hui pour vous un jour mémorable, seul jusqu'à ce jour, votre drapeau a été jugé digne de recevoir la médaille militaire. Soyez en fiers ! Soyez de plus assurés de la victoire. Vous êtes les dignes fils des héros de Sidi-Brahim et de Sébastopol ; bientôt on pourra dire que vous avez fait mieux que vos aînés ! Vous allez défiler devant le Drapeau !». 

    Le défilé s'exécute au son des clairons rassemblés de tous les Bataillons présents. Aussitôt le défilé terminé, le général De MAUD’HUY s'écrie : «Chasseurs ! je donne à votre général 4 médailles Militaires à décerner aux plus braves des Chasseurs des Bataillons de votre belle brigade». 

    Puis il quitte le terrain de la revue en adressant un au revoir cordial accompagné d'un geste amical plusieurs fois répété. Les honneurs sont rendus au Drapeau et la dislocation s'opère pendant que, toujours flottant, le Drapeau est ramené au poste de commandement de la 86ème brigade accompagné par une section du 10ème bataillon.

    Remise de la médaille Militaire, le 20 octobre 1914 à Gouy en Gohelle (64)
    La garde du Drapeau des chasseurs

    De tous temps dans l'armée française, chaque corps a eu son propre drapeau et en assure la garde. Chez les chasseurs, les corps de cette subdivision d'arme ont toujours eu un Drapeau unique et commun à tous, quel qu'en soit le nombre.
    Les dispositions particulières réglant la garde du Drapeau ont variés suivant les époques :
    Très longtemps de 1841 à 1913, l'emblème des chasseurs resta confié uniquement à divers bataillons qui tenaient garnison à Paris ou à Vincennes.
    Puis en 1913, il quitta la région de Paris, aucun bataillon n'y tenant plus garnison, et divers corps fixés par le commandement en assurèrent seuls la garde.
    De 1918 à 1939, seuls les bataillons à fourragère rouge, le 1er et 10ème qui avaient fait décoré le Drapeau, eurent cet honneur à tour de rôle pendant un an.
    Dans l'armée de l'Armistice 1940-1942 et depuis 1947, tous les corps de chasseurs assurent cette garde pour une année. Une alternance étant aujourd'hui observée entre les groupes mécanisés et les bataillons alpins. L'ordre en est établi par le commandement. Le passage du Drapeau s'effectue depuis plusieurs années lors du congrès national des chasseurs, au cours d'une prise d'arme à laquelle participent les anciens.
    Depuis 1986, en remettant le Drapeau dans les mains du chef de corps du bataillon qui prend la garde, le général qui préside la cérémonie prononce la formule réglementaire suivante :
    "Au nom du général, chef d'Etat major de l'armée de Terre, je confie pour une année, la garde du Drapeau des chasseurs au numéro .. bataillon de chasseurs alpin ou groupe de chasseurs."
    Quand le Drapeau est appelé à défiler à la tête d'un bataillon qui n'en a pas à ce moment la garde, celle-ci reste fournie par le corps, qui est le titulaire et porte évidemment la tenue de ce dernier.


    Drapeau au 24ème bataillon de chasseurs alpins en 1894

    Le 15 juillet 1907, Drapeau et sa garde du 24ème bataillon de chasseurs.

    Septembre 1913 à Lunéville (54),
    remise de la garde du Drapeau des chasseurs à la garde du 10ème bataillon de chasseurs à pied.
    Faite au commandant EVENO en présence des détachements des 3ème et 10ème BCP
    et d'un escadron de chasseurs à cheval de la garnison.
    Au premier plan, le commadant EVENO et le lieutenant WILLMANN tués fin août 1914
    ainsi que le commandant RENEAUD DU 3ème BCP. 


    Présentation au Drapeau des chasseurs à pied.
    Le commandant de corps d'armée salue l'emblème des chasseurs à pied.
    Le 17 novembre 1913, le général BONNEAU, commandant le 7ème corps d'armée,
    présente le Drapeau aux 3ème, 10ème et 31ème bataillons de chasseurs à pied

    Le Drapeau des 30 bataillons de chasseurs à pied exposé dans la cour du quartier  Chérin à SAINT DIE (88).

    1909 ou 1912 - Drapeau au 24ème bataillon de chasseurs alpins

    Camp de Valdahon (25), le Drapeau et sa garde.
    Les honneurs au Drapeau des chasseurs

    Ce sont ceux qui réglementaires, sont rendus à tous les emblèmes des corps. Très souvent ces honneurs sont suivis de l’exécution de la Sidi-Brahim.