Autres pages : Accueil 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

AIDER !

AIDER !
  • ACCUEIL
  • TOME 1
  • TOME 2
  • TOME 3
  • TOME 4
  • TOME 5
  • TOME 6
  • TOME 7
  • TOME 8
  • Livre d’Or
  • Bibliographies
  • blogger

    RETOUR AU SOMMAIRE DETAILLE (Cliquez ci-dessous)

    1 - FORMATION & TRADITIONS

    LES CHASSEURS

    Créés en 1837, les chasseurs constituent une des plus anciennes subdivision de l'infanterie. 1888, une Loi modifie l'organisation des chasseurs en créant des unités plus spécialement chargés d'opérer en montagne. Ces unités seront appelés les bataillons de chasseurs alpins (B.C.A.) par opposition aux bataillons de chasseurs à pied (B.C.P.).
    En 1939, il subsiste près de 60% des bataillons de chasseurs ayant combattu pendant la guerre 1914-1918.
    En septembre 1939, il existe ainsi 23 bataillons d'actives : 11 B.C.P. et 12 B.C.A. 
    Puis sont mis sur pieds 23 bataillons de réserve de série A et 18 bataillons de réserve de série B ainsi qu'un bataillon spécial de haute montagne. Il y aura donc au total 65 bataillons de chasseurs engagés dans le conflit. Les 42 bataillons de réserve se répartissent comme suit : 17 B.C.P., 24 B.C.A. et un bataillon spécial de haute montagne.
    Il convient de rajouter à ces unités les 10 bataillons de chasseurs pyrénéens qui formés en septembre 1939 combattront dans l'Est de la France.

    LES BATAILLONS DE CHASSEURS A PIED

    1er bataillon de chasseurs à pied
    2ème bataillon de chasseurs à pied
    3ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    4ème bataillon de chasseurs à pied
    Le 1/02/40 devient bataillon porté de chasseurs à pied au sein d'une division cuirassée
    5ème bataillon de chasseurs à pied
    Le 1/02/40 devient bataillon porté de chasseurs à pied au sein d'une division cuirassée
    8ème bataillon de chasseurs à pied
    10ème bataillon de chasseurs à pied
    16ème bataillon de chasseurs à pied
    Le 1/02/40 devient bataillon porté de chasseurs à pied au sein d'une division cuirassée
    17ème bataillon de chasseurs à pied
    Le 1/02/40 devient bataillon porté de chasseurs à pied au sein d'une division cuirassée
    19ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    21ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    26ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    29ème bataillon de chasseurs à pied
    30ème bataillon de chasseurs à pied
    31ème bataillon de chasseurs à pied
    42ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    44ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    61ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    66ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    68ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    69ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    71ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    81ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    88ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    90ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    96ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    109ème bataillon de chasseurs à pied de réserve
    110ème bataillon de chasseurs à pied de réserve

    LES BATAILLONS DE CHASSEURS ALPINS

    6ème bataillon de chasseurs alpins
    7ème bataillon de chasseurs alpins
    9ème bataillon de chasseurs alpins
    11ème bataillon de chasseurs alpins
    12ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    13ème bataillon de chasseurs alpins
    14ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    15ème bataillon de chasseurs alpins
    18ème bataillon de chasseurs alpins
    20ème bataillon de chasseurs alpins
    22ème bataillon de chasseurs alpins
    23ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    24ème bataillon de chasseurs alpins
    25ème bataillon de chasseurs alpins
    27ème bataillon de chasseurs alpins
    28ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    47ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    49ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    53ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    56ème bataillon de chasseurs alpins
    60ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    62ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    64ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    65ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    67ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    86ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    87ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    89ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    91ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    93ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    95ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    98ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    100ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    102ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    104ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    105ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    107ème bataillon de chasseurs alpins de réserve
    199ème bataillon de chasseurs de haute montagne

    LES BATAILLONS DE CHASSEURS 
    PYRÉNÉENS

    1er bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve
    2ème bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve
    3ème bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve
    4ème bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve
    5ème bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve
    6ème bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve
    7ème bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve
    8ème bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve
    9ème bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve
    10ème bataillon de chasseurs pyrénéens de réserve

    A NOTER
    Certains bataillons de chasseurs passent de "à Pied" à "Porté". Les deux appellations ont existés pour une même unité. Exemple : Pour le 16ème bataillon de chasseurs, il était à « Pied » avant guerre puis « Porté » en 1940, appartenance à la 4ème D.C.R. Le fait qu'il prennent la désignation de « Portés » c’est qu'ils étaient transportés sur véhicules à moteurs. Ces unités portées comme pour les Dragons, se trouvaient souvent rattachées à de grandes unités de cavalerie, de cuirassées ou encore motorisées. L'infanterie étant une arme « piétonne » et afin de déplacer les hommes plus rapidement, il fallu les transporter d'abord par trains "40 hommes / chevaux (en long) 8" puis aux environs de la seconde guerre mondiale est apparu la notion d'infanteries "motorisée" et "portée". La première armée et la 2ème division blindée (Leclerc) réservait le terme d'infanterie portée aux régiments d'infanterie entrant dans la constitution des divisions blindées : régiment de marche du Tchad pour la 2ème division blindée, régiment de marche de la Légion étrangère pour la 5ème division blindée. Pour la 1ère division blindée, il est probable qu’il s’agissait des Zouaves. Cette infanterie disposait de moyens blindés (half-tracks essentiellement) permettant d'accompagner les régiments de chars. Correspondant ainsi aux unités allemandes de "panzergrenadieren". Le terme d'infanterie motorisée fut utilisé pour désigner la 1ère division d'infanterie motorisée, formée à partir de la 1ère division française Libre. Cette terminologie alla plutôt avec le concept de divisions d'infanterie disposant de moyens organiques propres permettant leur déplacement rapide.
    Unités avec dates, passées de « Portées » pour ensuite devenir « groupe mécanisés » :


    1er B.C.Porté en 1962
    2ème B.C.Porté en 1951
    4ème B.C.Porté en 1940 et 1954 (campagne de France)
    5ème B.C.Porté en 1937 et 1955 (campagne de France)
    8ème B.C.Porté en 1945 et 1951
    16ème B.C.Porté en 1940 et 1963 (campagne de France, appartenant à la 3ème D.C.R.)
    17ème B.C.Porté en 1937 et 1954 (campagne de France)
    19ème B.C.Porté en 1946
    24ème B.C.Porté en 1946
    30ème B.C.Porté en 1945 et 1968


    LES BATAILLONS

    L'origine des bataillons de chasseurs remonte au Duc d'Orléans (fils aîné de Louis Philippe) qui fonde en 1837 une ''compagnie de chasseurs d'essai'' dans le but de tester non seulement le nouveau fusil rayé mais aussi l'efficacité d'une troupe très mobile et spécialement instruite au tir. 
    L'année suivante, le 14 novembre 1838, l'expérience est étendue à un bataillon complet avec la création du ''bataillon provisoire de chasseurs à pied''. Le Maréchal SOULT dit au Roi « Sire, ce n'est pas un bataillon, c'est trente comme celui-ci que je voudrais voir à votre Majesté ! ».
    Le 28 août 1839, ce bataillon change de nom et devient  le ''bataillon de tirailleurs'', un nom qu'il conservera jusqu'au 28 septembre 1840, date à laquelle, le Duc d'Orléans est chargé de la formation et de l'organisation des dix premiers ''bataillons de chasseurs à pied''. Le Duc d'Orléans déclare : "Les 10 bataillons de chasseurs présenteront le type de l'infanterie équipée, armée et instruite, en vue de la guerre la plus active".
    Le 21 novembre 1853, l'armée française compte 20 bataillons de chasseurs.
    Les 22 bataillons existants ensuite et répartis entre 7 corps, sont de tous les combats.
    De plus, 34 bataillons de marche sont créés fin 1870 à partir des compagnies de dépôt.  Partout où ils sont engagés, sur la Loire, dans le Nord, ils font honneur à leur tenue bleue.
    A la fin de la guerre, le nombre des bataillons de chasseurs est fixé à 30.
    Les effectifs du bataillon de chasseurs à pied de la Garde Impériale est dissous puis il est intégré au 24e BCP. Ce Bataillon reçoit des traditions du bataillon de la Garde 
    A partir de 1879 certains bataillons sont détachés dans les Alpes pour être entraînés à la guerre en montagne. Une expérience qui conduit quelque années plus tard à la création d'un corps spécial de montagne. 
    Douze bataillons spécialisés prennent en janvier 1889 le nom de ''bataillons alpins de chasseurs à pied'' qui deviendra par la suite ''bataillons de chasseurs alpins''. 


    Composition des Bataillons de l’armée d’active (1914)


    Le Bataillon de Chasseurs à pied comprend un effectif d'environ 30 officiers et 1700 hommes :
    - 6 compagnies de 250 hommes,
    - 1 section hors-rang,
    - 1 section de mitrailleuses. 
    A noter que l'effectif réglementaire des bataillons de chasseurs alpins était de 32 officiers et 1550 hommes. Le bataillon est commandé par un chef de bataillon (commandant). 
    Chaque compagnie divisée en 4 sections est commandée par un capitaine. Son effectif comprend :  
    . 1 capitaine, 
    . 3 lieutenants, 
    . un sous-lieutenant ou un adjudant-chef, 
    . 1 adjudant, 
    . 1 sergent-major,
    . 1 sergent fourrier, 
    . 8 sergents, 
    . 1 caporal fourrier, 
    . 16 caporaux, 
    . 2 tambours, 
    . 2 clairons, 
    . 1 infirmier, 
    . 4 brancardiers, 
    . 1 tailleur, 
    . 1 cordonnier, 
    . 1 cycliste, 
    . 3 conducteurs 
    . 210 chasseurs. 
    La section se décompose en 2 demie-sections ou 4 escouades (environ 65 fusils), commandée par un lieutenant ( ou un sous-lieutenant, ou un adjudant ). 
    La section de mitrailleuses se compose :
    . 1 officier, 
    . 1 sergent, 
    . 4 caporaux, 
    . 24 soldats, 
    . 13 chevaux et une voiture. 
    Dans les bataillons alpins les soldats sont au nombre de 28 et les chevaux sont replacés par 15 mulets de bât. 
    L'escouade : 15 soldats groupés sous le commandement d'un caporal forment une escouade.
    La section hors rang comprend des artificiers, armuriers, secrétaires, ordonnances, sous-officiers d'approvisionnement, maréchal-ferrant, bouchers et conducteurs.

    L'appellation chasseur

    Le nom n'est pas indifférent écrivait le Duc d'Orléans en 1840. Ce sont ces détails qui font l'esprit de corps, stimulant le dévouement des hommes à leur Drapeau, leur émulation vis à vis des autres corps et leur entrainement aux actes les plus héroïques en développant en eux le point d'honneur et un noble orgueil... Le nom de chasseurs rappelle les chasseurs volontaires de la glorieuse épopée de 1792 puis les chasseurs à pied de la garde impériale dont le souvenir est impérissable dans l'armée française.
    Après la mort accidentelle du Duc d'Orléans, créateur des chasseurs à pied, les bataillons de chasseurs prirent le nom de chasseurs d'Orléans. Cette dénomination n'a pas subsisté après la chute du Roi Louis-Philippe en 1848. Seul a été repris le terme de chasseurs à pied demeuré immuable depuis cette date.
    Parmi leurs frères les soldats, les chasseurs sont donc fiers de s'annoncer comme tels à l'exemple du général MAUD'HUI que ces hommes avaient surnommé "le père des chasseurs" et qui signait fièrement : "chasseurs de MAUD'HUY, gouverneur général de Metz". D'ailleurs le règlement général de discipline précise que les hommes du rang sont appelés soldats, chasseurs, cavaliers... selon leur arme ou subdivision d'arme. Le chasseurs se présente donc "chasseur un tel".
    La commodité d'expressions a rendu réglementaires les dénominations simplifiées de : bataillons de chasseurs alpins, groupe de chasseurs portés, groupe de chasseurs motorisés ou mécanisés, groupe de chasseurs. Cette subdivision de l'arme de l'infanterie rassemblée autour de son unique Drapeau, est bien celle des chasseurs à pied. Elle ne se confond pas avec d'autres subdivisions d'arme qui postérieurement ont emprunté le nom de "chasseurs" : chars de combat, parachutistes, etc... L'appellation de bataillons  alpins de chasseurs à pied était d'ailleurs réglementaire jusqu'en 1940. De même de 1947 à 1950, le 10ème reçu l'appellation de "bataillon parachutiste de chasseurs à pied".

      

    L'esprit chasseur s'est forgé au long de l'histoire. De nombreux auteurs en ont traité, il n'est que de les relire. "On ne peut comprendre l'esprit des chasseurs à pied si l'on perd de vue leur origine, le but et les raisons de leur organisation" (colonel PAYARD - 1930).
    C'est donc dès leur création qu'il faut chercher leurs premiers signes. "Pour atteindre le but de votre institution, il ne suffit pas d'être brave, leste, rusé et bon tireur ;  Il faut avoir à coeur  l'honneur du corps ; Il faut qu'entre camarades, vous soyez réciproquement solidaires de votre bonne conduite en toutes circonstances, instruits à vous soutenir dans les plus pressants dangers. Des sentiments d'amitié naîtront nécessairement entre vous... Il ne suffit pas de faire juste le devoir... Chacun apportera le zèle le plus empressé dans tous les détails du service intérieur et extérieur et doit tenir à l'honneur personnel que ce nouveau corps mérite d'être distingué et imité" (général HULOT - 1838).
    Or ce nouveau corps a été créé dans un but opérationnel tout à fait précis : "C'est à la fois entrer dans l'esprit de la guerre nouvelle et développer les qualités de la race française que de donner à l'infanterie une organisation qui augmente l'influence de l'action individuelle des hommes sur le résultat général obtenu par la masse... La victoire est à celui qui arrive le plus vite et dont le choc est le plus promptement destructeur" (Duc d'Orléans - 1840).
    La solidarité ou l'esprit d'équipe, le sens de la responsabilité, l'amitié, le goût de l'initiative, aller au-delà du -juste devoir-, la rapidité dans l’exécution, voilà déjà les grandes lignes tracées. Pour concrétiser ce destin, les moyens sont simples :
    "Le Duc d’Orléans, leur créateur, en a fait des êtres d'exception recrutés, dressés et vêtus autrement que les autres, pourvus d'une indépendance qui supprimait ce que l'on appelé la cascade des échelons hiérarchiques et qu'ils ont chanté avec complaisance dans leur refrain guerrier. Ce sont de petites tribus serrées toutes autour de leur unique Drapeau et chacune autour de son fanion et de son chef" (commandant PAYARD - 1930). 
    Ce sont ces caractère qui en 1913 ont frappé LYAUTEY au Maroc, en constatant l'activité des 7ème et 14ème B.C.A. qui furent mis sous ses ordres pendant deux ans.

        
     Traditions


    La musique du bataillon mais la fanfare,
    Le tambour mais la caisse claire,
    La caserne mais le quartier,
    La capote mais le manteau,
    L’uniforme mais la tenue,
    Le béret mais la tarte,
    Jaune mais jonquille,
    Rouge mais bleu-cerise.
    La fanfare ne joue pas mais elle sonne,
    Un refrain n’est pas chanté mais sonné.

    Quelques significations


    Les vitriers : les chasseurs sont affublés de ce surnom dès 1840 à cause de leur havresac brillamment astiqué sur lequel se reflète le soleil. Plus tard, ce qualificatif fait également allusion aux chasseurs du 6ème B.C.P. qui en 1848 avaient tiré dans les vitres à Paris (75).
    Chass’bit : surnom argotique donné aux chasseurs à la belle époque.
    Les rapiers : surnom des chasseurs à pied.
    Les chass’pins : surnom des chasseurs à pied.
    La tenue de tradition est appelée tenue Solférino qui est réservée aux unités soumises aux traditions des chasseurs. Le «béret» est adopté comme coiffe des chasseurs en 1891 par le ministère de la Guerre et son origine est béarnaise. La «tarte» devient vite l’emblème des chasseurs alpins, suffisamment grande pour protéger les pieds lors des longues gardes en montagne puis protège aussi du soleil. Au cours de la première guerre mondiale, les chasseurs abandonnent même leur casque pour porter leurs emblèmes durant les combats.
    Le cor de chasse : hérité de l’infanterie légère du premier empire. Cet instrument est le symbole des chasseurs.
    Couleurs : l’usage du mot rouge est interdit puis remplacé par bleu cerise sauf pour désigner la couleur des lèvres de sa femme aimée, la Légion d’Honneur, la fourragère de la Légion d’Honneur dite la rouge et la couleur rouge du drapeau. Cela provient de l’époque où Napoléon III voulu imposer le port du pantalon garance. Cela provoqua un blocage au sein des troupes de montagne d’où l’interdiction de parler de rouge depuis ce temps. En ce qui concerne les couleurs, le chasseur a le sang vert car le sang vert c’est pour la France (le sang versé pour la France -jeu de mots-).
    Un chasseur se met au garde à vous lorsqu’il entend le refrain sonné de son bataillon où des bataillons dans lesquels il a servi durant sa carrière et quand il entend la Protestation créée en 1873 au camp de Chalons. Au moment où la loi des cadres mit en cause l’existence des bataillons de chasseurs.
    Un chasseur salue quand est sonnée ou chanté la Sidi Brahim.

    La Protestation

    La protestation des chasseurs est après la Sidi-Brahim, un chant de base des chasseurs àpied. Ce chant date de 1873, période où eut lieu une première offensive sérieuse contre la tenue bleue des chasseurs. Les chasseurs à pied sont alors prêts à être supprimés par le Gouvernement Républiain. Il aurait comme auteur un lieutenant du 25ème B.C.P.
    Il exprime l’attachement des chasseurs à leur tenue bleue et leur vigilance permanente à l’endroit de tout ce qui pourrait la menacer. Afin de désapprouver ce projet, les chasseurs du 5ème B.C.P. vont protester pour le maintien de cette tenue chasseur et le chant est créé en guise de protestation appelée ainsi. Ils l’apprennent pendant qu’ils manoeuvrent au camp de Chalons mais très vite adopté et connu dans tout les bataillons. 
    T. BOUZARD rapporte que les « vitriers » en question est le surnom donné par les «biffins» en raison du sac à dos en toile cirée qui brillait au soleil pour les faire ressembler de loin à des vitriers. D’autres couplets ont été rajoutés ensuite notamment le cinquième qui ne figure pas dans toutes les versions. Il a été ajouté après la grande guerre et le sixième alors que l’on prévoyait de changer leur tenue (voir les chasseurs de DRIANT).


    I.
    Nous sommes trente mille braves,
    Au képi sombre, au manteau bleu,
    Et nous voyons même les Zouaves
    Derrière nous courir au feu.
    Vous qui voulez qu’on nous supprime,
    Qu’avez-vous à nous reprocher ?
    En guerre, en paix, notre seul crime
    C’est d’avoir su trop bien marcher.
    Ne touchez pas au Corps d’Elite,
    Chasseurs, Chasseurs, pressons le pas,
    Qu’on nous fasse marcher plus vite,
    Mais qu’on ne nous supprime pas.
    II.
    Essayez de nous suivre au pas,
    Voyez un peu notre démarche,
    C’est notre Bataillon qui marche.
    Allons, ne vous essoufflez pas ;
    C’est le clairon qui nous entraîne,
    Notre clairon, c’est notre amour.
    Fi du Biffin qui lent se traîne,
    Trébuchant derrière un tambour.
    Place aux Chasseurs, la route est large,
    La route qui mène au combat,
    Vous les verrez pousser la charge,
    Si vous ne les supprimez pas.
    III.
    Visez-vous à l’économie
    Des cinq milliards qu’on dût verser ?
    Nous vous offrons tous notre vie
    Pour vous les faire rembourser !
    Si vous tenez au drap garance,
    Qui coûte autant sans valoir mieux,
    Notre sang versé pour la France
    Rougira nos pantalons bleus.
    A nous les coups de main dans l’ombre
    Qu’il faut exécuter tout bas,
    Notre tenue est assez sombre
    Pour qu’on ne la supprime pas.
    IV.
    Vous avez vu nos frères d’armes
    Tomber au loin pour leur pays ;
    Vous leur avez donné vos larmes,
    Épargnez donc leurs vieux débris.
    Serez-vous plus durs que la guerre ?
    Ne voulez-vous pas ménager,
    Aux Chasseurs dormant sous la pierre,
    Quelques Chasseurs pour les venger ?
    Que le canon Krupp nous décime,
    Il a sur nous droit de trépas ;
    Et, s’il le peut, qu’il nous supprime,
    Mais vous, ne nous supprimez pas.
    V.
    (Strophe d’après la Grande Guerre)
    Vous avez vu la Grande Guerre
    Faire de nous des Diables Bleus.
    Ce nom, ceux qui nous le donnèrent,
    Allez, s’y connaissaient un peu...
    Sur tous les fronts, Verdun, la Somme,
    Plus de cent fois renouvelés,
    Nos Bataillons, comme un seul homme,
    Devant la Mort se sont dressés...
    Chez nous pas de paroles vaines,
    Les Chasseurs de Driant sont là,
    Qu’à leurs tombeaux on nous enchaîne,
    Mais qu’on ne nous supprime pas...
    VI.
    (Dernière Strophe anti-Moutarde)
    Notre drap bleu, c’est le symbole
    Du dévouement de nos Aînés,
    Nous y tenons plus qu’une idole,
    Car il est leur linceul sacré.
    Pourquoi nous mettre en drap moutarde ?
    Les Chasseurs ne meurent qu’en Bleu,
    Voulez-vous perdre une avant-garde
    Qui fut toujours première au feu ?
    Si vous respectez la mémoire
    Des Chasseurs qui, par leur trépas,
    Ont couvert la France de Gloire,
    Vous ne nous supprimerez pas !

    Encore un carreau d’ cassé... 
    V’là l’ vitrier qui passe,
    Encore un carreau d’ cassé
    V’là l’ vitrier passé...