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    10 - LE 21ème B.C.P.

    Les bataillons de chasseurs à pied sont composés généralement d'hommes de petite taille, très vifs et excellents tireurs. Ceux-ci agissent en tirailleurs à l'avant de l'infanterie, profitant des accidents du terrains pour se poster et viser.
    Quand aux bataillons de chasseurs alpins, ils sont spécialisés, adaptés puis employés pour des combats en régions montagneuses.

    CHRONOLOGIE 


    28.09.1855 Création du 21ème B.C.P. à Metz (57) de la 3ème série de bataillons de chasseurs comprenant les 21ème et 22ème bataillons de chasseurs à pied 
    1856 DISSOLUTION 
    1870 Recréation et réorganisation à Saint-Denis (93) avec des éléments des 5ème, 7ème, 8ème, 15ème et 18ème bataillons de chasseurs à pied, ainsi que du 128e de ligne 
    1870-1871 Guerre franco-allemande. Il participe avec les 22èmè et 23ème bataillons aux opérations du siège de Paris (défense de Paris en 1870 : Bonneuil, Chatillon, Villejuif, Bas Meudon, Créteil, L’Hay les Roses, Le Bourget) 
    1871 En garnison à Montbéliard (25) 
    1871-1873 Algérie (Oued-Ghir, col des Béni-Aïcha, Aïn El Arba, Soul El Khémis, Aguemoun, Bougie, col de Tirourda) 
    1913 Le bataillon arrive à pied  le 10 octobre à Raon-l'Étape (88) par l'ancienne route de Saint-Dié-des-Vosges, au milieu d'une population en liesse dans une ville décorée. Après réception par les autorités, il occupe le quartier DUTERTRE qui n'est d'ailleurs pas terminé. Il y restera jusqu'au 31 juillet 1914, date de son départ pour ses positions de couverture dans la haute vallée de la Plaine 
    1914 Le 2 août, il met sur pied le 61ème bataillon de chasseurs à pied



    1914-1915 Vosges (Le Donon, Badonviller, Laneuveville, La Chipotte...), La Marne (Mailly, Sompuis, Souain), Artois (Notre Dame de Lorette) 
    1915 à Dagneux (01), le 23 mars, il participe à la formation du bataillon de marche, le 107ème bataillon de chasseurs.



    1916 Verdun (Souville, Douaumont), Champagne (Tahure), Somme (Deniécourt, Genermont) 
    1917 Aisne, chemin des Dames, Vaudesson, Vosges (Hilsenfirst) 
    1918 En garnison à Rambervillers (88) 
    1918 Alsace (Hartmannswillerkopf), Champagne (Les Wacques, Orfeuil), Hunding Stellung, Les Ardennes (Mézières) 
    1920 En garnison Gérardmer (88) 
    1920-1923 Occupation du territoire de Memel en Prusse orientale (Lituanie) 
    1923 DISSOLUTION peu après son retour de Memel 
    1938 Remis sur pied en juillet et septembre 
    1939 Le 25 août, mobilisation du bataillon au fort Lomond (25) 
    1939-1940 Haute Alsace et secteur fortifié de Montbéliard (25) 
    1940 Sarre, Lorraine (Lunéville), l’Aisne puis repli Saint-Amand Montrond, Clermond-Ferrand - DISSOLUTION. Le 4 juillet, le reste des chasseurs (environ 150) du 21ème bataillon de chasseurs à pied est intégré au 152ème régiment d'infanterie à Clermont-Ferrand (63).



    1959 Recréation à Granville (50), centre d'instruction d'appelés pour l'Algérie à la suite de la 3ème demi-brigade de chasseurs stationnée là depuis 1955 dont les recrues sont dirigées ensuite en Kabylie sur le 28ème bataillon de chasseurs alpins (Sidi Aïch),







    le 29ème B.C.P. (El Kseur)





    et sur le 31ème B.C.P. (Tiaret)




    1963 DISSOLUTION


    LE FANION DU BATAILLON


    Contrairement au drapeau unique, chaque bataillon possède son propre fanion.

    Celui du 21ème bataillon de chasseurs à pied est de forme carré d’étamine, de 0.50 mètre de côté, coupé diagonalement à partir du haut du bâton, triangle inférieur bleu foncé, triangle supérieur jonquille. Le cor de chasse encadre le numéro du bataillon.


    L'INSIGNE DU BATAILLON


    L’ébauche de l’insigne du 21ème bataillon de Chasseurs à pied date de 1916.
    Toutefois l’appellation du bataillon remonte en 1855 à la date de sa création le 28 septembre à Metz (57). 
    Cette pucelle est due au chasseur THOMINOT, de la 1ère compagnie, décorateur dans le civil.
    Afin de bien repérer les véhicules du bataillon lors des relèves, il a l’idée de peindre sur ceux-ci, un motif distinct. Il choisit un " diable bleu " avec une branche de houx passés dans un cor de chasse.
    Le houx rappelant sa devise : "Qui s’y frotte, s’y pique !"

    HÉRALDIQUE - SIGNIFICATION

    Un cor de chasse avec à l’intérieur de la boucle : le château de Montbéliard (25), un diable croisant la fourche croisée, un sapin. 
    Le numéro du bataillon est apposé en relief sur le pavillon de l’instrument. 
    Le château rappelle à la première ville de garnison du bataillon. 
    Le sapin des Vosges fait souvenir à sa deuxième ville d’implantation : Raon l’Étape, à sa zone de couverture, lieux de ses premiers combats à la frontière. 
    Le diable bleu fait allusion au surnom donné par les soldats allemands aux chasseurs dans les Vosges (schwärze teufel : diable noir), qui faisait référence à leur tenue bleue paraissant noire en forêt mais également à leur tactique de combat. 
    Le tout sur un cor de chasse, le numéro étant apposé sur le pavillon. 
    Cet insigne fut initialement commun aux 21ème B.C.P. et 61ème B.C.P de réserve (ce dernier également issu de Montbéliard). 
    Les deux numéros étaient apposés sur le pavillon.

    SA FOURRAGÈRE


    Il a été décerné au corps, la fourragère jaune et verte, aux couleurs de la médaille militaire avec 4 citations à l‘Ordre de l‘Armée le 4 août 1918.


    REFRAINS


    << En voulez-vous des kilomètres, en voilà ! >>
    également :
    << Le vingt et unième bataillon n’a pas peur !  >>
    autre :
    << Toutes les fois que j’lai baisée, j’l’ai payée !  >>
    Sa devise :
    << Qui s’y frotte, s’y pique  >>
    Surnom :
    << Bataillon du Donon  >>. 





     LES CHEFS DE CORPS


    1855 Commandant LIAN
    1870 Commandant PALACH
    1871 Commandant GALLIMARD
    1878 Commandant SONNOIS
    1882 Commandant MOUTON
    1883 Commandant PITOIS
    1885 Commandant OUDARD
    1890 Commandant BILLET
    1896 Commandant CHEVALIER
    1899 Commandant TIXIER
    1914 Commandant RAUCH
    1915 15 mai : commandant MARQUEZY
    Nuit du 27 au 28 septembre, le commandant est mortellement blessé en première ligne. Il meurt à Houdain le 30 septembre. Le 28 septembre : capitaine KUNTZMANN blessé le 10 mai 1915
    1915 Commandant CRAPLET
    1916 Commandant De WITKOWSKI
    1917 Commandant ARNOULD
    1918 Commandant BURTAIRE
    1920 Commandant GUILLAUD
    1922 Commandant THIEBEAUD
    Il remplace le lieutenant-colonel GUILLAUD muté et qui rentre en France en juillet
    1938 Commandant BELOT
    venant du 35ème régiment d’infanterie
    1939 5 octobre : commandant BELOT
    16 novembre : commandant BEZEGHER – 13 mai : capitaine LETANG
    24 septembre jusqu‘au 5 octobre : capitaine MONTEUX1940 Capitaine LETANG jusqu’à l’Armistice et l’intégration du reste du bataillon dans le 152ème régiment d’infanterie à Clermont-Ferrand (63).


    QUARTIER DUTERTRE

    RAON L'ETAPE (Vosges)



    En 1913, la menace d’un conflit avec l’Empire allemand se ressent de plus en plus.
    Le service militaire de trois ans se rétablit et les communes proches de la frontières se voient ainsi doter de casernes formant une garnison prête à intervenir.
    A de nombreuses reprises, Raon l’Étape cherche alors à obtenir une place forte en offrant de très larges subventions. Comme Baccarat (54), Senones (88) et Saint-Dié (88), dès 1890 Raon l’Étape (88) s’affecte donc un quartier qui prend le nom de DUTERTRE.
    Baptisé du nom du capitaine DUTERTRE du 8ème bataillon de chasseurs, capturé et décapité par les hommes d’ABD-El-KHADER lors des combats de Sidi-Brahim le 23 septembre 1843.Ce quartier est construit puis implanté en sortie de la commune, longeant anciennement le C.D. 9 sur la route menant en direction de Celles-sur-Plaine (88) puis au col du Donon (R.D. 392A), d’où le nom actuel : avenue du 21ème B.C.P.


    SON ARRIVÉE DANS LES VOSGES

    Le 1er octobre 1913, ce quartier DUTERTRE n’est pas encore achevé lorsque les premiers militaires s’y installent. Ensuite le vendredi 10 octobre, la majeure partie du contingent de ces  Diables Bleus du 21ème bataillon de chasseurs arrive à pied de Montbéliard (25). 

    Sous les ordres du commandant RAUCH en tête sur son cheval, ce bataillon fait une entrée triomphale. Afin de recevoir avec honneur cette troupe qui amène avantages et compensations diverses, des préparatifs sont réalisés par les municipalités puis les riverains des localités de Raon l’Étape et de La Neuveville. Les rues, les maisons sont pavoisées, fleuries, décorées. Partout se dressent des arcs de triomphe grandioses où se lisent les souhaits de bienvenue puis de bon accueil. Toute la population participe et collabore à la décoration de la ville. Le 21ème chasseurs est accueilli par une foule raonnaise en liesse qui se groupe d’union sacrée et de foi patriotique. A 9 heures, se rassemblent sur la place de la mairie et de l’église (place Robert Tisserand), le conseil municipal, les pompiers, la fanfare, le sport, les sociétés d’anciens militaires et tous se portent au devant du bataillon vers l’avenue de Saint-Dié (rue Jacques Mellez). Des discours chaleureux sont prononcés, les chasseurs défilent dans les artères des communes au milieu des acclamations, des vins d’honneur sont offerts en mairies aux officiers et sous-officiers. L’après-midi dans les rues sans suivent cérémonies et manifestations. Il y a fête populaire puis aubades données par la fanfare et le sport raonnais. Le soir, illuminations générales avec feux d’artifices, concert et bal sur la place de la République. L’accueil est tel que ce même soir, le commandant RAUCH, à la fois surpris et charmé, se laisse aller à dire : «Qu’auraient bien pu faire de plus les raonnais, si nous étions revenus de Berlin».* La présence de cette troupe militaire modifie pendant près d’une année, la physionomie de la ville où elle amène une animation inaccoutumée laissant un impérissable souvenir. Jusqu’en date du 31 juillet 1914, ces soldats logent dans cette caserne nommée DUTERTRE. 

    Néanmoins, le bataillon maintient un dépôt à Montbéliard (25) puis avec l'avancée ennemie, ce dernier sera ultérieurement déplacé sur Langres (52), à Rolampont (52) et Clermont-Ferrand (63). Il ne quittera sa deuxième garnison de Raon l’Étape (88) que le 29 juillet, remplacé par le 229ème Régiment d’Infanterie de Réserve, commandé par le lieutenant-colonel GALBRÜNER (colonel, chef de Corps du 02 mai 1916 au 26 novembre 1917). C’est ainsi sous son numéro de bataillon que combattront la plupart des soldats de Raon l’Étape et de La Neuveville-lès-Raon. C’est sous ses fanions que tant d’entre eux tomberont pour la Patrie.

    (*) Mentionnons que le 21ème bataillon de chasseurs à pied n’est pas allé à Berlin mais plus loin. Après la guerre, il tient garnison à Memel, ville de l’extrême Allemagne près de la frontière russe.

    EFFECTIFS LE JOUR DU DÉPART EN GUERRE
    (31.07.1914)

    Le jour du départ, le 21ème bataillon de chasseurs à pied comprend un État-major, une section hors rang et six compagnies. 
    Il forme un premier échelon puis laisse à Raon l’Étape, un encadrement pour le 2ème échelon en cas de mobilisation pour le 61ème bataillon de réserve de chasseurs à pied puis le dépôt.

    TABLEAU NOMINATIF DES OFFICIERS

    État-Major
    Chef de bataillon RAUCH, commandant le 21ème bataillon de chasseurs à pied
    Lieutenant HUGUENOT, officier de détails
    Lieutenant BESSEMOULIN, officier d’approvisionnement
    Lieutenant MADON, commandant la section de mitrailleuses
    M. BADIE, médecin major de 2ème classe
    1ère compagnie
    Capitaine SERENIS
    Lieutenant MEYER
    2ème compagnie
    Capitaine FRANCILLARD
    Lieutenant LAVOCAT
    Sous-Lieutenant SANGUET
    3ème compagnie
    Capitaine GAITET
    Sous-Lieutenant VICIOT
    Sous-Lieutenant EXPERT-BESANCON
    4ème compagnie
    Capitaine CUNQ
    Sous-Lieutenant CLEMENT
    5ème compagnie
    Capitaine LAPOINTE
    Lieutenant LAURENT
    6ème compagnie
    Capitaine ZUBER
    Lieutenant FUMERY
    Sous-Lieutenant BONAVITA
    Sous-Lieutenant VALANZY

    L’effectif du bataillon est de 21 officiers -1138 sous-officiers, caporaux et chasseurs pour le 1er échelon puis 64 pour le 2ème échelon. Le nombre de chevaux est de 98.

    Le 21ème B.C.P. à MONTBÉLIARD (25)
    Personnages du 21ème B.C.P. ou B.C.A.

    SOURCES & BIBLIOGRAPHIES

    Campagne 1914-1918, Historique du 21e Bataillon de chasseurs à pied, Librairie Chapelot, 136, Bd Saint-Germain, Paris, Imprimerie Réunies de Nancy, s.d., 57 p.
    Bézégher (général), Historique du 21e Bataillon de chasseurs à pied - (1855 - 1940), Imprimerie administrative, 1952, 74 p.
    Yvick Herniou & Éric Labayle, Répertoire des corps de troupe de l'armée française pendant la grande guerre, Tome 2, Chasseurs à pied, alpins et cyclistes, Unités d'active de réserve et de territoriale, Éditions Claude Bonnaud, Château-Thierry, 2007, 446 p., broché 14x24 (ISBN 978-2-9519001-2-7)
    Revue historique de l'armée française, Numéro spécial no 2, Les Chasseurs à pied, Paris, 1966, 196 p.
    JMO - Journal de Marche et des Opérations du 21e BCP, document du Service Historique de l'Armée de Terre (S.H.A.T.), cotes 26 N 823/5, 26 N 823/6, 26 N 823/7, 26 N 823/8, 26 N 823/9.
    Ministère de la Guerre, Historiques des Corps de Troupe de l'armée française 1569-1900, Berger-Levrault & Cie Éditeurs, Paris, 1900, relié cuir 28,5 X18,5 cm, 782 p.
    Andolenko (Général), recueils d'historiques de l'infanterie française, 2e édition 1969, Eurimprim éditeurs, Paris, Imprimerie de Clairvivre Dordogne, relié 31,5 x23,5 cm, 413 p.
    Isabelle Chandavoine, Les Français à Klaipėda et après (1920-1932), Édition Žara, Vilnius, 2003
    Étienne Maignen, Les Piliers de Tiahmaïne, p. 1, 28,29,. Éditions Yellow concept, Saint-Suliac, 2004, 182 p.
    Jean-Louis Goëlau "Granville vile de garnison"(pages 147-156) Éditions Eurocibles 50570 Marigny, 2007